Ce que nous avons appris en rédigeant 7 000 biographies d'artistes

Aujourd'hui, la communication se résume de plus en plus à 140 caractères, des émojis et des mémos vocaux. Malgré cela, une prose claire reste un outil de vente et d'image de marque puissant dans le monde de l'art, et bien au-delà.

Artsy a rédigé plus de 7 000 biographies d'artistes. Au fil des ans, nous avons appris ce que notre public de collectionneurs et d'amateurs d'art apprécie le plus lorsqu'il découvre de nouveaux talents. Comme les partenaires d'Artsy peuvent désormais ajouter leurs propres biographies d'artistes, nous avons saisi l'occasion d'inviter Jessica Backus, directrice d'Artsy Marketplace, à partager ses conseils pour rédiger une biographie percutante et résumer avec élégance la démarche d'un artiste en 120 mots.

Que vous proposiez déjà des biographies d'artistes sur votre site web ou que vous prévoyiez de le faire, cet article a été conçu pour vous. Lisez la suite pour découvrir nos meilleures pratiques, les erreurs à éviter et quelques conseils SEO pour les biographies de vos artistes.

Pourquoi rédiger une biographie ?

La biographie d'un artiste est souvent la première information accessible aux lecteurs et aux collectionneurs. C'est l'occasion idéale de cadrer sa pratique et de donner envie d'en savoir plus. Les biographies optimisent également le référencement naturel (SEO). Google et les autres moteurs de recherche privilégient les contenus textuels dits « captivants » (c'est-à-dire là où les lecteurs passent du temps et poursuivent leur navigation). Proposer une biographie engageante et bien écrite est donc un excellent moyen d'accroître la visibilité de vos artistes.

Voici les trois piliers essentiels – testés, éprouvés et appliqués aujourd'hui par nos rédacteurs chez Artsy – pour une biographie d'artiste parfaite :

  • La biographie doit résumer la démarche de l'artiste, y compris le ou les médiums, les thèmes, les techniques et les influences.

  • La première phrase doit résumer le plus fidèlement possible ce qui caractérise l'artiste et son travail, plutôt que de commencer par des détails biographiques (études, lieu de naissance, etc.). Par exemple : John Chamberlain est principalement connu pour ses sculptures de métal torsadé réalisées à partir de ferraille, de pièces de carrosserie froissées et d'autres débris industriels.

  • Le profil doit compter entre 80 et 140 mots. La longueur idéale est d'environ 120 mots, bien qu'une biographie concise de 80 mots soit préférable à un texte plus long rempli de répétitions et de phrases de remplissage.

Pourquoi 120 mots ?

Des études sur l'engagement du public dans les musées montrent que les visiteurs perdent le fil des cartels explicatifs au-delà de 150 mots. Notre approche consiste à laisser le lecteur sur sa faim en limitant la biographie à environ 120 mots. Un lecteur ne devrait mémoriser qu'un ou deux points clés.

Si vous souhaitez présenter un panorama plus exhaustif du travail d'un artiste, privilégiez d'autres formats, comme un communiqué de presse ou un article de blog.

Questions à se poser lors de la rédaction

L'aspect physique

  • Quel(s) médium(s) l'artiste utilise-t-il ?

  • Quel est son style ?

  • De quelle(s) œuvre(s) pouvez-vous parler pour illustrer visuellement les qualités mentionnées ci-dessus ?

Le sujet

  • Quels sont les thèmes récurrents ou caractéristiques représentés dans le travail de l'artiste ?

  • Quels sujets animent ses œuvres ou en constituent le fil conducteur ?

L'aspect historico-artistique

  • Pourquoi cet artiste est-il important ?

  • Quel impact cet artiste a-t-il eu sur l'histoire de l'art, ou quel précédent a-t-il établi dans la création artistique ?

  • Quels autres artistes ont influencé sa pratique ?

  • Comment cet artiste redéfinit-il son ou ses médiums ?

  • Qui sont ses pairs ou ses mentors ?

Le contexte

  • Dans quel climat politique ou technologique l'artiste travaille-t-il ? Quels événements historiques ou politiques ont pu influencer son travail ?

La culture populaire

  • Quels aspects des arts ou de la culture populaire l'artiste intègre-t-il dans son œuvre ?

  • Avec quels autres domaines artistiques ou de la culture populaire dialogue-t-il (création de décors de théâtre, de costumes, de clips musicaux, etc.) ?

Les citations

  • Une citation brève (1 ou 2 phrases) et percutante de l'artiste permet-elle de répondre à l'une des questions ci-dessus ?

Détail de l'atelier de Genieve Figgis dans le comté de Wicklow, par Doreen Kilfeather pour Artsy.

Les 6 erreurs les plus fréquentes

L'éloge hyperbolique

La tentation est grande de ne tarir d'éloges sur vos artistes. Cependant, nous avons constaté que les lecteurs réagissent plutôt négativement aux affirmations grandiloquentes et non étayées (ex. : « L'artiste X est considéré comme l'un des plus importants de l'après-guerre » ou « L’artiste Y est largement reconnue pour la beauté de son travail »). La plupart des lecteurs décryptent immédiatement ce jargon promotionnel et risquent, au pire, de douter de la qualité de votre programmation globale. Pour maximiser la portée d'une bonne biographie, misez sur la pédagogie plutôt que sur la vente agressive (« hard sell »). De nombreuses études démontrent que cette approche commerciale ne fonctionne pas, en particulier auprès des jeunes générations de collectionneurs connectés, qui recherchent avant tout des messages simples et authentiques.

La « liste de courses » d’expositions

Nous vous conseillons de limiter au maximum la mention des expositions et récompenses (les lecteurs intéressés pourront toujours consulter le CV de l'artiste). Bien que prestigieuses, ces listes d'expositions sont fastidieuses à lire sous forme de texte continu. Elles accaparent un espace précieux que vous pourriez consacrer à une présentation approfondie du travail de l'artiste.

Il est bien sûr pertinent de mentionner une distinction ou une exposition exceptionnelle, comme la participation à la Biennale de Venise. Dans ce cas, essayez de l'intégrer naturellement dans le fil du texte.

Le jargon artistique (ou « Artspeak »)

Le jargon universitaire déplacé et l'écriture pseudo-théorique sont presque unanimement rejetés. Plutôt que de chercher à impressionner d'autres commissaires, universitaires ou galeries, concentrez-vous sur votre public de nouveaux collectionneurs qui ne connaissent peut-être pas du tout vos artistes. Les lecteurs veulent s'informer simplement. Une bonne règle d'or consiste à ne transmettre qu'une seule idée par phrase.

L'orthographe et la ponctuation

Rien ne nuit plus à votre crédibilité que des fautes d'orthographe ou de grammaire. Lors de la rédaction, voici quelques bonnes pratiques :

  • Utilisez une police avec empattement (comme Times New Roman) pour vous assurer du bon formatage des guillemets typographiques (en chevrons ou « smart quotes »)

  • Activez le correcteur d'orthographe et assurez-vous que les paramètres linguistiques correspondent à votre langue de rédaction

  • Faites relire votre texte par au moins une ou deux autres personnes

  • N'oubliez pas de mettre les titres d'expositions entre guillemets (ex. : « Greater New York ») et les titres d'œuvres en italique (ex. : La Vie, 1903)

Répéter (ou omettre) la nationalité, l'année de naissance et de décès

Dans l'édition d'art, l'usage veut que l'on indique la nationalité de l'artiste, son année de naissance et de décès dès sa première mention (par exemple : Alexander Calder [Américain, 1898–1976]). Cependant, de nombreuses bases de données en ligne (y compris Artsy) enregistrent ces faits sous forme de métadonnées qui accompagnent déjà le nom de l'artiste (voir ci-dessus). Prenez en compte la mise en page finale de votre biographie pour omettre ou inclure ces informations à bon escient, afin d'éviter les doublons visuels.

Laisser les biographies vieillir

Pour les jeunes artistes dont la carrière évolue rapidement, veillez à faire le point chaque année ou à l'approche de nouvelles expositions afin d'ajuster les éléments clés de leur présentation.

Nos biographies d'artistes préférées

Artistes historiques

Alexander Calder
L'artiste américain Alexander Calder a bouleversé le cours de l'art moderne en développant une méthode innovante de sculpture consistant à plier et façonner le fil de fer pour créer des « dessins tridimensionnels dans l'espace ». En résonance avec le futurisme et le constructivisme, ainsi qu'avec le langage de la peinture non figurative des débuts, les mobiles de Calder (terme inventé par Marcel Duchamp en 1931 pour décrire son travail) se composent de formes abstraites faites de matériaux industriels, souvent poétiques, gracieuses et parfois vivement colorées, suspendues dans un équilibre parfait et saisissant. Son assemblage complexe Cirque Calder (1926–1931), qui permettait à l'artiste de manipuler ses différents personnages devant un public, a anticipé l'art de la performance de près de 40 ans. Plus tard, Calder s'est consacré à la création de sculptures monumentales en plaques d'acier boulonnées pour l'espace public, qui continuent d'orner les places de nombreuses villes à travers le monde.

John Chamberlain
John Chamberlain est principalement connu pour ses sculptures de métal torsadé réalisées à partir de ferraille, de pièces de carrosserie froissées et d'autres débris industriels. « Mon travail n'a rien à voir avec les accidents de voiture », disait-il. « Je pense que les matériaux courants sont les meilleurs ». Mettant l'accent sur les finitions peintes ainsi que sur les lignes et les soudures des matériaux bruts, son travail a souvent été décrit comme une forme d'expressionnisme abstrait en trois dimensions. Si ses œuvres majeures datent des années 1960 (notamment en sculpture), il s'est également tourné plus récemment vers la photographie grand format.

Devenez partenaire d'Artsy